2008-02-01 - APPUI BUDGETAIRE- L'allemagne favorable mais....

L'Allemagne dans le cadre de sa coopération est en phase d'emprunter la nouvelle tendance qui régit le cadre de partenariat liant le Sénégal à ses bailleurs de fonds. L'appui budgétaire qui n'attirait pas le Parlement allemand, semble intéresser le partenaire germanique dans le cadre de son assistance au Sénégal.

 

Apparemment les parlementaires allemands commencent à prêter une oreille attentive à l'approche Appui budgétaire qui est la nouvelle démarche sur laquelle se lancent le Sénégal et ses partenaires au développement dans le cadre de leur coopération. L'ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne, Mme Doretta Loschelder, en marge d'un petit-déjeuner de presse tenu ce jeudi 31 janvier, a fait savoir que « l'Allemagne avait souscrit récemment avec d'autres bailleurs de fonds à l'appui budgétaire ». Une manière de montrer l'adhésion de son pays à cette nouvelle démarche tout en essayant d'y voir plus clair. « On voudrait commencer mais il y'a des conditions à remplir pour le début mais généralement on la volonté de s'y impliquer ». Mme Doretta Loschelder fait savoir que l'appui budgétaire un concept « de très nouveau » pour son pays. A l'en croire, « il y'a une époque où c'était presque un sujet tabou au pays pour ne pas dire que l'Allemagne n'était pas favorable à cette démarche ». Maintenant, a t'elle poursuivi, « si on change cette politique, il faut que quelque chose soit clarifiée au niveau du Parlement. Mais je crois qu'il y'a une volonté réelle ».

 

Renforcer l'appui au secteur privé

 

A travers cette nouvelle option se dessine une volonté de la coopération allemande de renforcer et de perfectionner son intervention au Sénégal. Le directeur du bureau de la coopération financière allemande (Kfw) à Dakar, Markus Faschina, renseigne que, « après cinquante ans de présence au Sénégal, la coopération allemande a évolué sur le plan de son approche ». Il fait savoir qu'auparavant, la démarche se faisait par rapport aux projets alors qu'aujourd'hui, il y'a une plus grande responsabilisation du gouvernement, des bénéficiaires des projets financés par le bailleur. « Aujourd'hui, chaque bailleur s'engage dans la stratégie de la lutte contre la pauvreté qui est le cadre défini par le gouvernement du Sénégal ». Pour lui, cette démarche est une volonté de la partie allemande de s'adapter à l'évolution de l'environnement marqué par un engagement du secteur privé. « Pendant les quatre dernières années, on a constaté que le secteur privé joue de plus en plus un rôle important dans tous les domaines notamment dans l'approvisionnement en eau potable, la micro-finance... » M. Faschina a ainsi reconnu que : « la coopération allemande aussi, dans le cadre de son appui, doit évoluer vers un appui au secteur privé ». Comme la est la banque allemande de développement, le directeur de son bureau à Dakar pense qu'elle dispose d'outils la permettant d'appuyer les petites et moyennes entreprises comme elle le fait à travers le secteur de micro-finance pour l'accès au crédit. Et de rassurer que : « à l'avenir, ce sera une approche principale dans le cadre de la coopération entre le Sénégal et l'Allemagne ».

 

Pour rappel, le premier projet de la coopération financière allemande au Sénégal date des années 1960 avec la signature du contrat de financement du projet d'adduction d'eau potable de Lac de Guiers jusqu'à Dakar. Sur le plan de la coopération globale de cette cinquantaine année d'intervention, un satisfecit a été relevé dans les domaines de la décentralisation, les projets d'adduction en eau potable, l'appui à la micro finance et l'emploi des jeunes, le renforcement de la paix en Casamance. Par ailleurs, plus de volonté politique est souhaitée dans certains domaines notamment dans le cadre de l'encadrement des Petites et moyennes entreprises (Pme) que le gouvernement sénégalais ambitionne d'utiliser comme levier de développement. Face à ce défi, la partie allemande appelle à une nécessité d'aller dans une dynamique de formalisation du secteur informel qui constitue un poids certain dans l'économie du pays. Ainsi entre autres défis, la directrice de la coopération technique allemande (Gtz), Mme Regina Ecker, a souligné la nécessité d'harmoniser les multiples interventions des bailleurs de fonds au Sénégal comme il a été évoqué dans la déclaration de Paris. Pour elle, il est de la responsabilité de l'État de réorienter et d'assurer la répartition des actions des partenaires au développement en fonction des besoins et des zones. Sud Quotidien 01/02/08