2008-02-28 - FLUX MIGRATOIRES : La France va mettre 5 millions d'euros par an

Le gouvernement français a décidé de quintupler son effet annuel dans la gestion des flux migratoires entre le Sénégal et la France. Tel est l'objectif de l'avenant paraphé hier par Ousmane Ngom et Brice Hortefeux, le ministre français de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement. Et ce dernier a profité de l'occasion pour rassurer qu'il n'y aura pas de tests Adn pour les ressortissants sénégalais, leur pays disposant d'un Etat civil fiable.

 

Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur Me Ousmane Ngom et son homologue français de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, Brice Hortefeux, ont signé hier un avenant à l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 relatif à la gestion des flux migratoires.

 

Cette cérémonie a été l'occasion pour le ministre français de l'Immigration Brice Hortefeux d'annoncer que, désormais, l'effort annuel de la France qui était arrêté à 1 million d'euros, a été porté à 5 millions d'euros, soit le quintuple. Mieux, M. Hortefeux rassure qu'il n'y aura pas de tests Adn pour les ressortissants sénégalais. A l'en croire, cette mesure s'explique par le fait que non seulement le Sénégal ne l'a jamais pratiqué auparavant, mais aussi et surtout par le fait que notre pays dispose d'un Etat civil fiable.

 

Selon Patrick Stéfanini, secrétaire général du ministère français de l'Immigration, cet avenant a pour objet ‘d'inscrire l'organisation des migrations dans une approches concertée visant les intérêts des deux pays'. Il s'articule autour de quatre axes. Le premier vise à faciliter la délivrance des visas longue durée allant de 1 à 5 ans pour les hommes d'affaires, les intellectuels, les universitaires, les scientifiques, les avocats, les sportifs de haut niveau, les artistes et ressortissants sénégalais appelés à recevoir périodiquement des soins médicaux en France. Le second organise la migration légale en ouvrant le marché du travail dans 108 métiers, qualifiés et non qualifiés correspondant à des secteurs divers de l'économie et dont la liste a été établie en tenant compte à la fois des besoins de main-d'œuvre de l'économie française et des souhaits exprimés par le Sénégal. Ces métiers vont de l'hôtellerie à l'industrie, en passant par la sécurité, les travaux publics, l'agriculture, la gestion, l'administration des entreprises, l'informatique, les banques et assurances, le commerce, la santé, etc. Bref, il s'agit d'une fourchette suffisamment large pour permettre à toutes les catégories socio-professionnelles, à tout jeune de travailler. A ces mesures s'ajoute la possibilité offerte aux Sénégalais de bénéficier de cartes de séjour pluriannuelles pour motifs professionnels.

 

Le troisième volet de l'accord organise, dans chacun des deux pays, le retour des personnes en situation irrégulière dans les meilleures conditions de respect de leur dignité avec la possibilité de bénéficier d'aide au retour. D'ailleurs, ce retour se fera de manière volontaire. Le dernier point concerne la coopération, le développement, le codéveloppement, la santé et la solidarité pour le développement.

 

Selon, Me Ousamane Ngom, cet avenant qui précise les modalités d'application du premier accord de gestion concertée des flux migratoires entre la France et un pays non européen compte 11 chapitres nouveaux à l'avantage du Sénégal. ‘Un observatoire composé de façon paritaire pour une durée de 12 mois renouvelable' est prévu pour une meilleure application des dispositions de ce texte.

 

Pour rappel, l'accord de septembre 2006 a été négociér par un groupe d'experts français avec à leur tête Patrick Stéfanini et de Sénégalais dirigés par l'ambassadeur du Sénégal en France, Doudou Sala Diop. Walf Fadjri 26/02/08 (à lire sur www.rsesenegal.com)