2008-10-15 - COOPERATION FRANCE - Une coopération non prédatrice, durable et transparente

      

C'est à un large tour d'horizon de la coopération franco-sénégalaise que Jean-Christophe Ruffin s'est livré hier face à la presse. La question des visas, les développements judiciaires dans le naufrage du Joola, la situation politique intérieure ont été abordés. De même, actualité mondiale exige, la crise financière qui frappe les économies occidentales et d'ailleurs. Au final, c'est le Sénégal qui, en Afrique Sub-saharienne, reçoit le plus d'aide de Paris. Malgré l'offensive chinoise.

 

En 2007, la France a accordé plus de 81 milliards de francs Cfa d'aide publique au développement au Sénégal. Cette année, l'aide projet, mise en œuvre par l'Agence française de développement (Afd) et le Service de coopération et d'action culturelle de l'ambassade de France, a représenté 30 milliards de francs. Ces données ont été rendues publiques hier lors de la conférence de presse organisée par l'ambassadeur Jean Christophe Ruffin.

Dès l'entame de son exposé, le diplomate français parle de «nouveaux partenaires. Ils existent. Je m'en réjouis, mais les anciens sont toujours là. La France et l'Europe sont toujours là». Avant d'ajouter qu'il y a «un certain nombre de caractéristiques de cette relation de coopération entre la France et le Sénégal». La France mise sur la durée comme premier caractéristique. «C'est une coopération de fond. Il y a des choses qui se font en matière de formation qui ne sont pas visibles. Nous ne sommes pas des prédateurs économiques. Nous avons un partenariat durable.»

 

L'autre caractéristique est «la transparence», selon monsieur Ruffin. «Ce qu'on nous reproche, c'est d'avoir une coopération compliquée. (Mais) une coopération se déroule de façon harmonieuse. Nous n'avons pas une enveloppe qu'on nous délègue comme ça. On nous contrôle. C'est une coopération de transparence afin que l'aide arrive aux bénéficiaires.» La conception d'une coopération ainsi décrite est un ensemble d'«actions rigoureuses avec un dialogue avec les entrepreneurs, le maître d'ouvrage afin qu'un édifice ne s'effondre pas après sa livraison. Le prix à payer est assez gros dans ce cas, avec une certaine lourdeur administrative mais une garantie dans l'efficacité».

Partant de cela, Jean-Christophe Ruffin estime que «la France reste le premier partenaire bilatéral du Sénégal. Le Sénégal est le premier pays bénéficiaire en Afrique subsaharienne de l'aide publique au développement. Ce qui représente 81 milliards de francs Cfa. Il y a aussi l'aide qui passe par l'Europe et qui représente 41 milliards de francs Cfa».

 

Cette coopération est mise en œuvre par les Organisations non gouvernementales, les collectivités locales. Elle est «humaine». La santé avec un programme d'assistance en cours et des actions traditionnelles dans la lutte contre les pandémies du Sida, le développement rural, l'environnement, les questions d'assainissement, l'Agriculture, les changements climatiques, l'Education, la bonne gouvernance sont parmi les projets qui bénéficient de l'aide publique française.

 

En ce qui concerne l'Agence française de développement (Afd), elle dispose des moyens diversifiés d'actions, selon Jean-Christophe Ruffin. Elle est passée de 21 milliards en 2005 à 55 milliards à 2008, avec des projets comme celui de la Baie de Hann pour un coût de 20 milliards de francs. A côté de l'amélioration de l'équipement public à Dakar, il y a la recapitalisation de la Senelec. Même si le Sénégal a prévu un redéploiement industriel dans le secteur de l'énergie avec un redécoupage pour la production, le transport et la transformation, le diplomate en chef français insiste pour dire que «le préalable reste  la recapitalisation». Ainsi, l'Afd a mis 20 milliards sur la table et la banque mondiale 80 millions de dollars dont une partie déjà débloquée. «Tout cela montre que nous sommes toujours présent avec les moyens dans un partenariat avec le Sénégal qui n'est remis en cause par personne. C'est un effort mutuel au-delà des vicissitudes de la vie.» 

 

Abordant la situation économique et financière du Sénégal, J.C. Ruffin a dit que son pays se tient aux côtés du nôtre. «Nous sommes prêts à l'accompagner lorsque nous aurons une vision plus claire des demandes qui sont exprimées. Nous tenterons d'y apporter sur solution» si toutefois une «version officielle» est  portée à leur attention.

 

Interrogé sur les conséquences de la crise financière actuelle, l'ambassadeur de France s'est d'abord réjoui du fait que «le plan américain n'a pas eu les effets escomptés, c'est le plan européen qui a marché». Dans ce contexte, l'arrimage du franc Cfa à l'Euro sera consolidé. C'est donc une page qui se tourne après la dévaluation monétaire de 1994.

 

Par ailleurs, interpellé sur le projet de succession de Me Wade, Jean-Christophe Ruffin a répondu : «Je ne sais pas de quoi vous voulez parler. Il y a un président qui est là encore pour trois ans.»

Le Quotidien 10/10/08