2008-12-08 - DEVELOPPEMENT - L'efficacité et les incertitudes de l'aide publique au développement


Jean-Christophe Ruffin s'en prend à ses compatriotes. Il est clair que Roselyne Bachelot n'oubliera pas de sitôt son passage au Sénégal. Après avoir été vertement démentie par ses jeunes compatriotes, qui ont eux aussi avancé leurs chiffres à propos de la contribution de la France au Fonds mondial, le représentant de la France au Sénégal a été interpellé, lui aussi, sur l'Aide publique que la France apporte aux pays en développement.

 

D'emblée, Jean Christophe Ruffin a donné l'exemple du Sénégal qui, selon lui, est la première coopération au Sud du Sahara. A l'intention des contestataires, M. Ruffin dira : «Les chiffres, vous les contestez en disant qu'il y a des annulations de dettes. C'est très important, ces annulations de dettes, beaucoup d'associations se sont mobilisées pour que l'on soulage la dette et dans un pays comme le Sénégal, qui est désendetté grâce à l'initiative Ppte (Pays pauvre très endetté : ndlr)», les résultats sont tangibles. C'est-à-dire que maintenant, le Sénégal peut de nouveau prétendre «à des financements internationaux et à son développement, de la manière la plus saine».

 

Pour M. Ruffin, les chiffres qu'ils utilisent pour l'Aide publique au développement sont des chiffres du Comité d'aide publique au développement du Crd et de la Cde. Lesquels chiffres, assure-t-il encore, incluent un certain nombre de choses, notamment «les efforts qui sont faits pour que des étudiants africains puissent étudier en France».

 

Revenant sur les «incidents» dans la salle de presse, M. Ruffin explique que la seule chose qui le choque, en brandissant des pancartes et en interpellant les donateurs, les contestataires se sont trompés de cibles. «Vous êtes dans votre rôle et vous avez parfaitement raison, mais interpellez aussi ceux qui ne donnent rien», se défend M. Ruffin. Avant d'élever la voix : «Il y a un certain nombre de pays, notamment ceux qui concentrent les réserves mondiales de financement les plus importantes qui ne font aucun effort dans ces domaines.» Selon lui, c'est plutôt à ces pays qu'il faut s'adresser, mais pas à eux. «Vous vous adressez à ceux qui font le plus pour leur demander de faire encore mieux. C'est bien, mais l'idéal serait que vous vous adressiez à ceux qui ne font rien pour leur demander de faire quelque chose», souhaite t-il.

Le Quotidien 08/12/08