2007-11-03 - La SODEFITEX au coeur du pays Bassari

Le pays dit « bassari » se trouve dans l'arrondissement de Salémata au Sud du Département de Kédougou. Il est composé de divers groupes ethniques parmi lesquels les bassaris qui sont majoritaires, un peuple d'une culture riche et variée.

 

Un peuple né de la forêt

La connaissance des ressources forestières était l'apanage de la société Bassari. Chasseurs-cueilleurs, ils puisaient dans l'univers végétal les aliments de leur subsistance ainsi que les ressources favorisant leurs activités de chasse et de récolte du miel. Mais la cueillette était surtout l'affaire des femmes et des enfants. Elle était contrôlée par les masques « luta » (esprit traditionnel) avant que toute récolte ne soit mûre. En plus de la cueillette, les bassaris fouillaient la terre à la recherche de tubercules comestibles comme l'igname et le taro sauvage.

 

CultureSodefitexLa chasse, fondatrice de la société bassari

La chasse constituait autrefois la première activité de subsistance. Il n'existe pas en pays Bassari d'initiation à la chasse ni même de sociétés de chasseurs. Cependant, la chasse était au centre des activités quotidiennes et les familles de chasseurs étaient considérées comme honorables car on y mangeait bien. Un homme qui ne savait pas chasser laissait les femmes indifférentes et celui qui n'avait pas tué un « animal d'honneur » était méprisé par les autres. Les récits de chasseurs illustrent tantôt le courage dont ils ont fait preuve, tantôt leur résistance, leur adresse ou leur ruse.

 

Le prélèvement de miel

Le miel constitue une denrée essentielle pour le Bassari. En effet, la recherche du miel est un préalable important pour les cérémonies d'initiation car il faut s'en procurer abondamment pour pouvoir fabriquer l'hydromel utilisé pendant ces festivités.

 

La récolte du vin de palme

Le vin de palme est parfois utilisé pendant les fêtes pour remplacer la bière de miel ou l'hydromel. Etre récolteur de vin de palme est une activité à part entière, voire une profession faisant appel à un savoir faire spécifique. Cette activité relativement dangereuse est exercée par des hommes plutôt jeunes, car il leur faut grimper jusqu'au sommet de l'arbre sous la canopée, pour y percer le tronc à plusieurs endroits. Il font exuder la sève et la récupèrent dans les bouteilles. Cette sève de palmier récoltée dans la journée, fermente seule travaillée par la chaleur et le temps. Plusieurs arbres sont exploités : palmier à huile, palmier rônier, palmier raphia.

 

La SODEFITEX au cœur du Pays Bassari

Pour réussir sa mission de développement rurale, la SODEFITEX par le biais de la Direction du Développement Rural (DDR) devenue Bamtaare a implanté des classes d'alphabétisation en langue pulaar (la seule langue de leur voisin peul, codifiée pour le moment) dans les villages Bassari ce qui a permis de les former à la gestion du crédit agricole. C'est ainsi que la langue de travail des bassaris reste le pulaar et parmi eux on trouve plusieurs moniteurs d'alphabétisation.

Le coton, principale activité agricole de rente des bassaris

 

Cette activité s'est développée au fur et à mesure de l'ouverture sur l'extérieur du pays Bassari et de l'accroissement de la population. Les bassaris cultivaient du mil réservé à la bière, du maïs, du sorgho et du riz pour la consommation locale.

 

Depuis plusieurs années, la SODEFITEX a introduit le coton dans cette zone et a incité les agriculteurs à se lancer dans la culture attelée compte tenu de l'accroissement du cheptel bovin. Mais cette méthode bute sur l'aspect pierreux du sol de la localité en plus du fait que le bassari aime cultiver sur les pentes des montagnes. Chaque communauté villageoise affiche ainsi un choix particulier à la culture de rente du pays Bassari.

 

D'ailleurs, le plus grand producteur de coton de la région cotonnière de Kédougou se trouve dans le pays Bassari. Il s'agit de Dominique Bendia du village de Lépard dans le centre de Salémata. Il a fait 15 tonnes en 2005-2006 et 17 tonnes en 2006-2007/ « le coton fait partie de ma vie quotidienne comme l'était la chasse autrefois chez nos ancêtres » déclare-t-il ; ceci pour dire combien la culture cotonnière est désormais ancrée dans le pays Bassari et combien elle participe à la création de richesse.

(article de Lansana Diedhiou publié dans la revue « Renaissance Cotonnière n° 9 »)