2007-11-09 - SAR - Extension des installations : 255,5 milliards de francs Cfa, le coût de la modernisation


La modernisation des installations de la Société africaine de raffinage (Sar) nécessite un budget estimé à deux cents cinquante cinq milliards cinq cent millions de francs Cfa. Ces premières estimations, selon le directeur général de la Sar, Jean Michel Seck, portent aussi bien «sur l'extension des installations de traitement de 1,2 million de tonne à 3 millions de tonnes de pétrole brut, sur la modification du schéma de raffinage, que sur la logistique». Une déclaration faite hier, en marge de la cérémonie d'ouverture du premier colloque de l'Association des raffineurs africains (Ara). Et selon M. Seck, «ces investissements seront confirmés dans les mois qui viennent et à l'issue du Conseil d'administration de la Sar qui se tiendra dans un ou deux mois, le plan d'investissement sera validé et sera mis en œuvre certainement en début d'année 2008».

 

Le premier acte de cette modernisation, que veulent poser les autorités de la Sar en partenariat avec le gouvernement sénégalais, c'est d'améliorer la logistique de pétrole brut. «Nous avons en face de nous un pays comme le Nigeria auprès duquel nous nous approvisionnons. Et les tailles de lots au Nigeria sont de 950 000 barils. Alors qu'à Dakar, notamment à la raffinerie, les tailles de lots que nous sommes en mesure de recevoir sont des tailles de lots maximales de 850 000 barils.» «Cela veut dire qu'il y a un premier coût, puisqu'il apparaît clairement qu'entre les lots disponibles à l'exportation au Nigeria et les lots à décharger au Sénégal, il y a un écart de l'ordre de 100 000 barils», explique Jean Michel Seck. Ainsi, estime-t-il, «cet écart mérite d'être résorbé. Car si nous parvenons au moins à l'amélioration de la logistique, à faire en sorte que nous recevions des navires plus grands, nous allons faire baisser le coût d'accès au pétrole brut».

 

D'après le directeur de la raffinerie, les bateaux que la Sar affrétée au Nigeria sont des bateaux de grande taille, qui ont une capacité de transport variant entre 1 million et 950 000 barils. Aujourd'hui, souligne le patron de la Sar, «lorsque nous devons transporter une cargaison entre le Nigeria et le Sénégal, sur des bateaux de 1 million de barils, nous ne transportons que 850 000 barils. Cela veut dire qu'à nouveau, en termes d'économie et de transport, il y a un deuxième gisement qu'il faut exploiter pour faire baisser le coût d'accès à la matière première. Donc, le premier acte sera relatif à la logistique».

Cette logistique de pétrole brut sera annexée, également, d'investissements dans la logistique du butane.

 

Car, informe M. Seck, «pratiquement, toutes les semaines, le Sénégal doit recevoir un navire de 4 à 5 mille tonnes de butane. Alors, nous voulons faire en sorte que le Sénégal reçoive des navires plus grands de l'ordre de 15 mille tonnes. Et pour cela, il faudra à nouveau améliorer la logistique, investir et permettre, demain, à la raffinerie et au Sénégal de bénéficier du coût plus bas en matière d'approvisionnement en butane».

 

Pour rappel, suite à une longue léthargie, la Sar a redémarré ses activités le 22 mars dernier sur la base d'un travail à façon (processing). En effet, explique M. Seck, «la Sar n'était pas propriétaire de matières premières. Mais, le fait de traiter du pétrole brut à façon, a permis à la raffinerie de générer de la marge, de couvrir ses charges et de réamorcer le processus de remboursement de sa dette». Le Quotidien 09/11/07