2007-11-23 - COOPÉRATION BILATÉRALE FRANCE-SÉNÉGAL - 13 milliards F Cfa dépensés par la société civile en 10 ans


Le bilan décennal de l'aide publique au développement de la République française aux acteurs non gouvernementaux de la société civile sénégalaise pèse treize milliards de F Cfa. C'est ce qui est ressorti de la rencontre hier, entre Jean Christophe Ruffin, nouvel ambassadeur de l'Hexagone au Sénégal, avec les acteurs non étatiques de la société civile du Sénégal.

 

L'implication et l'immense contribution de la société civile à la mise en œuvre des politiques de développement et de coopération est un secret de polichinelle. L'exécution correcte de la politique de coopération internationale par les acteurs non gouvernementaux sénégalais semble satisfaire la France. Celle-ci se manifeste à travers la mise en place du Fonds social de développement, "qui est un instrument très souple", pour appuyer les initiatives locales mais aussi le cofinancement des projets des petits projets des associations de solidarité internationale françaises (Asi) pour soutenir les initiatives de terrain des associations françaises pour améliorer les conditions de vie des populations des onze régions administratives du Sénégal défavorisées et renforcement des acteurs non gouvernementaux locaux.

 

Revenant sur le sens de cette présentation, l'Ambassadeur de France a soutenu que "nous avons présenté une toute petite partie de la coopération franco-sénégalaise, soit le 1/15ème du volume global de l'aide, qui est souvent ignoré et qui a trait à l'aide de la France à la société civile, aux collectivités locales et toutes les initiatives de développement local".

 

À l'en croire, on présente les grandes réalisations en se referant à la contribution française aux grands projets alors qu'il ne faut pas oublier les petits projets qui émanent des populations définis par nos partenaires de la société civile, des collectivités territoriales, des organisations communautaires de base et qui sont constitués de leurs besoins de base pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (Omd). "Et c'est en fonction de ces besoins que nous intervenons", dira-il. Avant de poursuivre que "le bilan nous a surpris en ce sens que l'on s'est aperçu que sur 10 ans, les petits projets représentent un montant très important de 13 milliards F Cfa". Ce montant est donné à titre indicatif car, il est très difficile à quantifier. M. Ruffin s'est ainsi beaucoup plus appesanti sur le facteur humain qui s'est avéré" très significatif avec tous les volontaires qui sont venus travailler mais aussi et surtout la participation de toutes les communautés partenaires que nous avons appuyées certes mais qui ont apporté une contribution assez substantielle de l'ordre de 30 % voire 40 et même 50 % et plus dès fois pour mettre en œuvre toutes les actions réparties sur l'ensemble du territoire".

 

Par ailleurs, des acteurs non étatiques autres que ceux qui collaboraient jusqu'ici avec la France dans le cadre de la coopération bilatérale se sont signalés au cours de la rencontre. Il s'agit principalement de la Plate-forme des acteurs non étatiques qui regroupe à la fois la société civile, le patronat et les organisations syndicales. À leur endroit, Son Excellence, visiblement pris de court par l'existence d'une telle entité qui pourtant, a vu le jour il y'a deux ans, s'emploiera à la qualifier de "signe de la société civile organisée et de la vitalité de la démocratie et de la bonne gouvernance au Sénégal". C'est ainsi qu'il a estimé que "nous allons, de concert avec le Secrétariat général de la présidence de la République, prendre en compte la plate-forme dans nos stratégies après l'avoir examiné". A la condition toutefois qu'elle "soit coordonnée, qu'elle ne soit pas concurrente, bref, qu'elle œuvre dans les mêmes objectifs que ceux qui sont arrêtés par la direction de l'assistance technique", a-il précisé.

 

À sa suite, Pape Birama Thiam, conseiller spécial du chef de l'Etat, par ailleurs directeur de l'assistance technique n'en dira pas moins que son Excellence pour magnifier l'excellence des relations qui lie les deux pays. Pour preuve, la France est le premier pays partenaire du Sénégal au niveau bilatéral après la banque mondiale et l'Union européenne et dans des secteurs hautement prioritaires pour le développement économique et social du Sénégal.

 

Ce partenariat est consigné dans un document cadre qui prend en charge toutes les priorités de développement liées notamment à la réalisation du Dsrp et à la mise en œuvre de la stratégie de croissance accélérée. Et cela est visible à travers "tous les grands projets d'infrastructures financés par l'Afd parmi lesquels le rond-point Malick Sy qui sera inauguré prochainement", a soutenu M. Thiam. Sud Quotidien 22/11/07