2009-03-19 - COOPERATION SENEGAL CANADA- Relever les défis et aller au cœur des enjeux


La revue annuelle conjointe du programme de coopération entre le Sénégal et le Canada, s'est tenue hier vendredi 18 mars à l'hôtel Terrou-Bi, avec la présence de M. Jean -Pierre Bolvuc, ambassadeur du Canada au Sénégal et M. Abdoulaye Diop, Ministre d'Etat, de l'Economie et des Finances. L'occasion a été saisie par les deux parties pour redéfinir les nouveaux axes de coopération qui reposent sur une nécessité de relever les défis et d'aller au cœur des enjeux.

           

La Revue annuelle conjointe du programme de coopération entre le Sénégal et le Canada qui tient à améliorer les relations des deux pays partenaires aux plans : économique, diplomatique, commercial et culturel, a été sanctionnée par des recommandations allant dans le sens de dynamiser la coopération bilatérale entre les deux pays. C'est ainsi que directeurs nationaux et chefs de projets ont suggéré des recommandations dans les différents secteurs concernés.

 

Sur les finances publiques, il est souhaité la mise en place d'un dispositif de préparation de loi des finances, de mettre en place des conditions d'exécution du budget de l'Etat par les autorités contractantes. A cela s'ajoute le respect des procédures de passation des marchés, du contrôle externe et interne sur les finances publiques et le système d'information financière au sein du Ministère de l'économie et des finances (Mef).

 

Concernant l'entreprenariat paysan, les experts recommandent la planification des initiatives pour une bonne prise en charge au niveau local, une meilleure relation avec les internationaux dans les secteurs ciblés tels que la Casamance et la Zone des Niayes afin d'obtenir une bonne production, suivie d'une transformation idoine pour une meilleure commercialisation.

 

Sur le secteur de la micro-finance, les experts estiment que l'Agence canadienne de développement international (Acdi) devrait travailler avec le FENU pour trouver une solution aux lenteurs relevés causés par le manque de présence du réseau Pamecas dans certaines localités du pays. L'ambassadeur du Canada, M. Jean-Pierre Bolduc, dans son discours a fait savoir que : « entre 2002 et 2008, les décaissements annuels de l'Acdi au titre de son programme bilatéral sont passés de près de 10 millions à environ 375 millions de dollars canadiens, soit quelque 20 milliards de F Cfa ».Toujours dans le secteur de la micro-finance, il est également recommandé de s'assurer que le système de suivi-évaluation est adéquat et fournit de l'information fiable, s'assurer de la disponibilité du budget pour effectuer certaines activités, articuler les interventions des deux sous-secteurs que sont l'entreprenariat paysan et la micro-finance. Il a été noté que le Canada a accordé une place à la France dans cette coordination effectuée dans le secteur de la micro-finance.

 

Pour le domaine des collectivités locales, les responsables de projets estiment qu'il faut un appui à la gouvernance de l'Union des élus locaux (Uael). Ils appellent également au renforcement des capacités en matière de gestion, la décentralisation, une amélioration dans la communication et l'information, une formation de base, le renforcement du dialogue politique...

 

Dans le secteur de l'éducation, les experts suggèrent la résolution des difficultés liées à la passation des marchés des directions techniques en se rapprochant des directions compétentes qui veulent les accompagner. Il est également recommandé de suspendre la procédure de réalisation des contrats des entreprises qui acceptent de reprendre les travaux, renforcer les ressources allouées à l'enseignement technique et à la formation professionnelle. Pour une meilleure mise en œuvre des projets prévus, il est souhaité d'allouer des ressources par appui budgétaire, de mettre en œuvre une communication appropriée, de renforcer la capacité d'anticipation et de procéder à une réallocation par appui budgétaire. Il faut aussi engager le dialogue entre le Sénégal et le Canada, appuyer l'accès des filles à l'école ainsi que la formation diplômante des 17 mille maître contractuels, appuyer le ministère de l'éducation à la pérennisation des projets par la capitalisation des acquis des projets terminés. A cela s'ajoute la nécessité d'améliorer la gouvernance dans le secteur de l'éducation en impliquant la société civile.

 

La revue a montré que l'enseignement élémentaire et moyen dans l'acquisition de manuels et la dotation de cantines scolaires pour enfants, pour l'appui institutionnel aux sous-secteurs de l'alphabétisation et de la formation professionnelle, en plus de l'amélioration des apprentissages, la formation initiale et continue des enseignants, la réforme du curriculum de l'éducation de base, ont bénéficié de 70 pour cent des ressources du programme bilatéral destinés à l'éducation.

 

Le volet genre et femme n'aura pas échappé aux recommandations des spécialistes. Dans ce cadre, il a été demandé l'élaboration d'une stratégie nationale pour l'équité-genre, faire du Sénégal un pays sans discrimination.

 

En début de séance, M. Bolduc a informé que le Sénégal, grâce à Mme Beverly Oda, ministre canadienne de la coopération internationale, a été choisi en plus des sept pays d'Afrique, pour bénéficier d'une aide publique au développement, afin de faire accroître l'efficacité de ses appuis avec les ressources de programmes et de coordination. Sud Quotidien 19/03/09