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Conseil Mondial de l’Energie (Rome) : leçons sommaires pour le Sénégal et l’Afrique


par M. Jean Michel SECK :

-Directeur Général de la Société Africaine de Raffinage (SAR)

-Membre du Comité exécutif de l'Association des Raffineurs Africains (ARA)

 

-Ingénieur en Economie Pétrolière de l'Institut National des Hydrocarbures et de la Chimie de Boumerdes (Algérie)

 

Deux géants sont apparus sur la scène énergétique mondiale : la Chine et l'Inde...

En effet dans son scénario dit de référence, l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) indique les perspectives ci-après :

 

1-Les besoins en énergie du monde vont croître de 50% entre 2005 et 2030, toutes choses étant égales par ailleurs.

2-La part des pays en développement dans cette croissance représentera 74%

3-La part de la Chine et de l'Inde représentera 45%

4-Les énergies fossiles représenteront encore 84% de la demande globale en énergie.

5-Le déficit de raffinage dans le monde reste élevé : aucune raffinerie n'a été construite aux USA entre autres depuis le début des années 1970.

 

La place de l'Afrique restera marginale : une stratégie africaine s'impose pour plusieurs raisons :

 

1-Les grands décideurs sur la scène énergétique savent que le nucléaire reviendra en force (préservation de l'environnement) : il n' y a plus de débat à ce sujet.

2-Le gaz jouera un rôle de plus en plus important (énergie propre) : plusieurs stratégies en Europe sont aujourd'hui axées sur le gaz (pays producteurs : Russie, Algérie, Iran, Qatar, etc....)

3-Le charbon occupera une place de plus en plus importante et le prix du charbon connaîtra une évolution à la hausse corrélée à la hausse de la demande et à la concentration des réserves mondiales.

4-Le développement des énergies renouvelables sera encouragé mais leur place dans les bilans énergétiques à court et moyen termes restera faible.

5-Les investissements destinés aux infrastructures dans le secteur de l'énergie resteront élevés : 22.000 Milliards USD sur la période 2005/2030

 

Une périodisation des stratégies nationales s'imposent car les urgences particulièrement en Afrique sont d'abord sociales.

 

 

A court terme pour le Sénégal :

*Mise en place d'un Comité Stratégique (réflexion stratégique) pour le secteur de l'Energie : dix experts au maximum qui devront couvrir les différents sous-secteurs.

*Mise à jour du plan d'économie d'énergie et définition d'une nouvelle politique d'efficacité énergétique en relation avec le monde industriel : dix entreprises industrielles devront être choisies et servir de modèle au secteur industriel.

*Révolution à opérer dans le secteur du bâtiment pour les économies d'énergie : les architectes sénégalais devront être mis à contribution.

*Analyse du parc automobile (moteur à essence et moteur diesel) en relation avec les concessionnaires, les distributeurs, le Ministère de l'Equipement (Direction des Transports terrestres) dans le cadre du plan d'action des économies d'énergie.

*Gestion d'un plan de communication efficace (économies d'énergie) à l'échelle nationale (création de caravanes ‘'énergie')

*Organiser la baisse des coûts : mise en place d'une nouvelle logistique pétrolière.

*Génération de l'électricité à partir de la collecte et du traitement des ordures ménagères : la ville de Dakar est réputée pour détenir un niveau élevé de production d'ordures ménagères (France = 353 kilos/habitant e 2004)

 

A moyen terme pour le Sénégal :

*Exploitation du gisement du Dome Flore : la coopération avec le Venezuela doit être réactivée.

*Exploitation de l'énergie solaire.

*Exploitation de l'énergie hydraulique (politique de mini barrages)

*Mise en place d'un nouveau schéma de raffinage (SAR)

 

A moyen terme pour la sous région (UEMOA) :

*Mise en commun des moyens logistiques pour faire baisser les coûts des produits pétroliers importés (Mali, Sénégal, Côte d'Ivoire)

*Développement complémentaire des outils de raffinage (SIR/SAR)

*Barrages hydro-électriques (Sénégal, Gambie, Mali, Guinée)

 

A long terme pour l'Afrique (Union Africaine, CDEAO, UEMOA) :

*Développement de l'énergie nucléaire civile autour du Niger (Arlit)

*Barrage hydro-électrique d'Inga (RDC)

*Exploitation du gaz et transport par gazoduc (à partir du Nigeria)

 

Les politiques déclinées et les perspectives dessinées (liste non exhaustive) devront être doublées d'une formation de cadres organisée et planifiée.

 

La part de l'OPEP dans l'offre mondiale de pétrole brut passera de 42% en 2005 à 52% en 2030 selon le scénario de référence de l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) : compte tenu de l'évolution de la demande mondiale de nouvelles tensions devraient apparaître à l'horizon 2015.

 

Les revenus tirés du pétrole pour les pays membres de l'OPEP devraient atteindre en 2007 le niveau de 658 Milliards USD (448 Milliards Euros)

SAR/JMS